1- Les fondements de la confiance en soi et leurs limites
Les expériences de vie et la confiance en soi
De nombreuses expériences de vie nourrissent la confiance en soi :
- s’accomplir seul, professionnellement,
- se passionner pour un loisir,
- s’émanciper,
- partir vivre loin,
- faire des rencontres miroirs (besoin de s’identifier à ceux que l’on admire ou qui nous renvoient une image positive de nous-même),
- voyager,
- explorer des lectures révélatrices,
- se heurter à des changements de vie.
Force ou fragilité ?
Les bases de notre éducation sont une force ou une fragilité.
Souvent nous essayons de tendre vers un idéal éducatif pour ne pas reproduire ce qui a été déplaisant ou traumatique. L’être humain se construit selon la réalité de ses parents ou figures d’attachement, de sa propre histoire et de sa culture familiale.
Le sentiment d’avoir manqué d’encouragement dans son enfance ou l’excès d’éloges peuvent affecter la confiance en soi.
Lorsque les enfants sont mis sur un piédestal et comparé aux autres, on encourage le sentiment de supériorité ou de la gêne et de l’inconfort face au regard d’autrui.
Le manque d’amour peut entrainer des difficultés à exprimer ses émotions et pousser à l’inhibition émotionnelle. Le déficit affectif peut aussi développer un sentiment de fierté démesurée voire un orgueil exacerbé.
Les conséquences des carences affectives risquent de carapacer les enfants une fois adulte pour se protéger de leur vulnérabilité.
Ce n’est pas facile de trouver un équilibre pour nourrir la confiance et l’estime de soi d’un enfant.
Quelles valeurs fondamentales pour la confiance et l'estime de soi ?
Nous avons tous besoin de reconnaissance, d’amour et d’être encouragé dans nos choix et nos prédilections.
La confiance en soi, c’est le sentiment de se sentir « capable ». C’est la conviction d’avoir toutes les ressources en soi pour faire face aux situations.
L’estime de soi, c’est la valeur qu’on s’attribue. C’est le regard que l’on porte sur soi-même et l’appréciation qu’on fait de sa valeur ou de sa propre importance.
2- Réactions et attentes des enfants face aux compliments
Mot clé 1 : "Encourager" les "petits riens"
Les enfants semblent attendre l’approbation d’un adulte dans leurs actions quotidiennes. Parents, nous nous focalisons souvent sur les petits écueils « tu as encore oublié de » « tu ne fais jamais… » « c’est pas comme ça qu’il faut faire ». Pensons aussi à encourager ce que l’enfant sait faire ou sait « être » : « il sait remercier », « il sait s’habiller », « il peut se montrer aimable », « remercier », « pardonner » « être gentil, serviable, attentionné »…
Ces actes à valoriser constituent un socle de réussites qui nourrissent l’estime de soi et la confiance en soi.
Il arrive que nos enfants n’apprécient pas les compliments élogieux car ils ressentent la pression de devoir renouveler « l’exploit » ou de ne pas avoir le droit à l’erreur.
Ils ont au contraire besoin de prendre conscience qu’ils peuvent y arriver : « je crois en toi, tu en es capable, tu as déjà réussi souviens toi, et si tu n’y parviens pas du premier coup, rappelles-toi aussi, tu as le droit d’essayer plusieurs fois, c’est comme apprendre à marcher ou à faire du vélo… »
Mots clé 2 : "Pilier" être un arbre sur lequel il pourra s'appuyer
Le parent inquiet de manière chronique peut transmettre une peur infondée à l’enfant et freiner sa prise de confiance en soi.
Soyons un pilier pour nos enfant, une oreille attentive, un œil observateur et bienveillant. Ils seront vers qui se tourner en cas de besoin sans se sentir jugé ou pris d’inquiétude.
A l’inverse, plus nous protégeons l’enfant, plus il s’engagera difficilement aux aléas de la vie. Le rassurer au lieu de « surprotéger » est suffisant : « je sais que c’est difficile de sauter dans l’eau, tu peux essayer, je suis là, je te vois, je sais que tu peux le faire ».
Mots clé 3 : "Autonomie"
Les enfants nous demandent de leur octroyer davantage de marge de manœuvre.
Placez-les dans des situations favorisant l’autonomie.
Cultiver le lâcher prise : laisser l’enfant chuter et se relever seul tout en garantissant un cadre sécurisant.
Un regard compréhensif et encourageant est parfois suffisant pour remettre un enfant en capacité de croire en lui « c’est difficile et je sais que tu peux y arriver mon grand ».
3- Une manière de les encourager : reconnaître leurs qualités et leurs capacités
Des pistes, des solutions :
– L’encouragement : utiliser la reformulation et la remise en capacité « j’ai confiance en toi » « tu as réussi à … c’est grâce à toi ». Féliciter les efforts.
– Les compliments descriptifs : les enfants sont en attente de retours positifs dans leur expérimentations, de compliments descriptifs « merci d’avoir pris le temps de … » et décrire l’acte avec précision. Ces appréciations sont souvent plus efficaces que des éloges impersonnelles et généralisantes « Magnifique ».
Vous pouvez explorer des exemples concrets dans l’ouvrage d’Adele Faber et Elaine Mazlish « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » chapitre « compliments et estime de soi ».
– Apporter de l’affection et de l’attention au quotidien (câlins, regard soutenant et bienveillant)
– Réévaluer les objectifs à la baisse, demander moins et mieux, aider l’enfant à réussir par étapes pour atténuer sa peur de l’échec, l’accompagner et le soutenir.
– Activités d’expression de soi: sport, théâtre, danse, arts martiaux, méditation…
-Soutenir l’enfant dans les activités qui lui procurent du plaisir et pas uniquement dans les domaines où il est bon, la notion de plaisir doit être intrinsèque, éviter de décider ou faire à sa place.
– Partager sa propre expérience: raconter des anecdotes de son enfance, nous aussi nous sommes passé par là.
– Être présent dans les moments importants de sa vie, spectacle « J’ai été émue par ta danse et j’ai pu voir que tu exprimais de la joie et du plaisir », passation de diplômes « tu peux être fier de toi, je vois les progrès que tu as fait, tu sais maintenant faire … » (préciser)
– Observer ses enfants et passer du temps avec eux (temps privilégié avec chacun, une sortie, les regarder faire du sport ou leur loisir, les encourager à se mettre en scène, oser s’exprimer, jouer un instrument, faire un spectacle devant la famille…).
– Rappeler à son enfant qu’il est unique, raconter des anecdotes qui vous rapprochent de votre enfant, créer des calligrammes « mon nom est génial », créer une roue du bonheur : écrire et illustrer tout ce qu’on est capable de faire ou tout ce qu’on aime, afficher des encouragements et les lire régulièrement.
Quelques ressources :
- Émission « les maternelles » sujet confiance et estime de soi https://youtu.be/8qevvNB4Ibw
- « Mon ado, ma bataille » livre d’ Emanuelle Piquet
- Site AEP Approche « Parler pour que les enfants écoutent » Faber et Mazlish
- Lire un autre article sur l’ estime de soi pour aller plus loin