Équilibre en famille et reprise d’activité ?

Quels sont tes besoins au quotidien pour te sentir bien et en harmonie en famille ?

Lors des rencontres avec les parents, des questions et inquiétudes reviennent souvent : « Je me demande comment je vais faire quand je vais reprendre mon travail pour gérer mon temps, je stresse déjà », « Comment je vais passer du temps avec mes enfants et travailler, s’occuper de la maison… », « c’est un sujet tendu dans le couple car mon mari a continué à travailler et je ne sais pas comment il peut faire pour m’aider davantage »

Aujourd’hui, dans le groupe des « Hauts et Débats », je sens ce besoin imminent de partage et d’échange au sujet de cette thématique, des questions, de l’incertitude et de l’espoir.

Les enfants font leur liste au Père Noël, c’est un moyen imaginaire d’accéder à leurs plus beaux rêves, certains se réaliseront et d’autres continueront à nourrir leurs désirs.

Faisons nous aussi une liste de nos souhaits et de nos rêves, remplissons nos verres de vie (cf post sur l’équilibre) et espérons que Père Noël soit généreux. Sans limite, remplissons tous nos désirs et imaginons les émotions qui en découlent. Nous pouvons écrire à coté de chaque souhait, une émotion.

Se concentrer sur nos ressentis nous aide à déterminer nos besoins

A présent, exprimons nos besoins et ajoutons-les à notre liste;

Quels sont vos besoins au quotidien pour vous sentir bien et en famille ? quelques témoignages de parents :

« J’ai besoin de présence et de partage, mon mari a un travail qui ne lui permet pas d’être avec nous au quotidien, c’était notre choix et je me rends compte que c’est un manque, je suis seule à tout gérer, j’ai besoin de temps pour moi, j’essaie des activités manuelles pendant les siestes car mon besoin de créativité est important aussi; je me demande comment je vais faire avec la reprise du travail pour compenser ce manque »

« Pour ma part, j’ai besoin de me réaliser en dehors de la maison sur des projets plus personnels, j’ai besoin d’apprendre et envie de me reconvertir. Le congé maternité et ma disponibilité ont été un soulagement au début, une coupure; je sens que je ne suis pas calibrée pour rester à la maison, j’ai besoin de retrouver un travail et en même temps j’ai besoin d’échanger avec mes enfants, j’aime jouer avec eux et j’aimerais aussi être disponible »

« Moi je sens que j’ai besoin de relais, le père est présent et s’occupe bien de notre fille quand il rentre du travail, je sens des fois de la fatigue chez lui et il m’est difficile de lui demander plus, je me sens aussi très épuisée surtout quand les nuits sont courtes, j’ai besoin de coopération. L’arrivée de notre premier enfant nous a changé, les priorités ne sont plus les mêmes, j’ai besoin de reconversion, de contacts, d’échanges dans le travail et d’apprendre de nouvelles choses. »

Quelles concessions sommes-nous prêts à faire pour satisfaire nos besoins ? Lâcher prise, moins de ménage, déléguer, adapter les horaires, proposer des échanges de services, du soutien entre parents et voisins (faire garder, garder les enfants des autres, échanges d’idées, moment de partage en association), communiquer nos besoins en famille, se prendre du temps dans le couple pour parler et s’écouter, s’inscrire dans un groupe d’entrepreneurs/entrepreneuses locales…

Pour m’organiser, quels outils et autres idées pour avancer dans ma réflexion ?

Le tableau d’organisation peut s’utiliser au quotidien ou chaque semaine et en fonction des besoins, seul/e ou en famille selon les implications de chacun

Visible, la matrice d’Eisenhower permet de communiquer plus facilement ses tâches, ses besoins et ouvre au partage.

Ikigai

Ikigai, une méthode pour trouver sa voie. Essayer de trouver son Ikigai est un moyen d’avancer dans son parcours en quête d’équilibre.

« L’ikigaï est une philosophie de vie japonaise qui consiste à trouver un sens à notre vie, un équilibre, une raison de se lever le matin et d’être heureux d’accueillir chaque jour.

Une étude japonaise a démontré que l’ikigaï est facteur de bonne santé et de longévité. La région d’Okinawa qui pratique ce concept au quotidien compte en effet un grand nombre de centenaires (cinq fois plus qu’aux Etats-Unis).

Littéralement, “iki” signifie “vie” et “gaï” veut dire “qui vaut la peine”. C’est une vie dans laquelle on se sent “complètement aligné avec soi-même dans tous les domaines”, où on se dit “Je suis là où je dois être.”

Un des pans de l’ikigaï concerne la relation au travail. Les japonais ne sont pas attachés à la notion de “retraite” car ils considèrent le travail comme une potentielle source de plaisir et de développement personnel. »

Le besoin de partage et de soutien entre parents est réel, c’est dans l’échange que nous nous apercevons qu’il n’y a qu’un pas à franchir pour aller voir une voisine, une porte à ouvrir pour retrouver d’autres parents, un mot à dire pour se faire entendre, une lettre à donner pour s’ouvrir à ses proches… plus facile à dire qu’à faire; et pourtant le besoin de créer du lien se satisfait dans notre prise de conscience, la confiance et nos actes de bienveillance au quotidien.

Comment faire des repas en famille un moment de partage et de convivialité ?

Remontez quelques années en enfance et revivez vos meilleurs souvenirs à table en famille…quelques témoignages de parents qui se remémorent ces moments :

« Je me souviens d’un repas en mode restaurant où nous jouions aux serveurs comme au restaurant à demander les ingrédients désirés pour confectionner les burgers maisons, à servir la crème glacée, c’était amusant et ça mettait de la bonne humeur en famille! »

« Je me souviendrai toujours d’un repas de Noël avec toute la famille qui a duré toute la nuit, c’était la fête et j’étais heureuse qu’on partage ce moment tous ensemble et qu’il s’éternise tard dans la nuit »

« Les soirées crêpes, c’était des repas plein de bonne humeur, mon père faisait des blagues, il se déguisait, on riait, c’était vraiment drôle, l’ambiance était détendue et laissait la place aux fous rires »

« Les brunch, c’était des supers occasions de manger de tout, l’idée étant de vider le frigo et de se servir à table ce qu’on voulait »

brunch en famille

Ce qui est important dans un repas en famille, c’est partager du temps ensemble, créer des souvenirs, favoriser des ambiances, faire participer nos enfants aux préparatifs, laisser un espace de discussion, transmettre une culture culinaire et permettre des « débriefing heureux », belle formulation d’un papa tout juste devenu parent. C’est l’occasion de partager, réparer, nourrir sa relation, créer du lien en famille.

Cependant, le moment qui réunit les familles autour d’un besoin vital qui est celui de « manger » n’est pas toujours aisé.

Dans le livre de Joanna Faber et Julie King « Parler pour que les tout-petits écoutent », « le repas est aussi un champ de bataille, faire manger des légumes aux enfants plutôt que seulement de pâtes et du dessert, sans une montagne de plaintes, les amener à goûter de nouveaux aliments, à manger en quantité suffisante… Les petits bébés mettent tout dans la bouche, mais vers l’âge de 2 ans, ils se méfient de nouvelles saveurs et textures, aux aliments qui ont un goût fort ou amer, et même aux aliments qui touchent d’autres aliments dans l’assiette. Ce phénomène est celui des « fines bouches », cette précaution protège le petit enfant qui se déplace en toute liberté du danger de manger des choses toxiques.« 

Par ailleurs, comment résister à la tentation de certains aliments lorsqu’ils sont présents sous nos yeux, un adulte aura du mal à résister face à une tablette de chocolat qui est visible alors un enfant de la même façon sera tenté par du sucre ou des aliments trop gras s’ils sont régulièrement proposés au repas.

Dans ce même livre, une étude a démontré qu’en proposant une gamme d’aliments sains aux enfants, ils choisissent une alimentation équilibrée pourvu que les aliments indésirables ne soient pas inclus dans le lot. Nous avons deux objectifs, celui de fournir une alimentation saine et de construire une attitude saine envers la nourriture. Manger quand on a faim, s’arrêter quand on est à satiété, être ouvert à essayer de nouvelles choses et aimer manger des aliments qui nous nourrissent. Les auteures suggèrent de remplacer les négociations « 3 bouchées de brocoli et tu auras un dessert, discours qui pourrait laisser entendre que ce que j’aime vraiment, c’est mauvais pour moi et ce que je déteste est bon pour moi, il est très difficile d’apprécier un aliment qu’on nous force à manger » par une découverte des aliments basée sur un choix. Proposer une assiette vide à votre enfant, le laisser remplir sa propre assiette avec les aliments (de préférence séparés) qui seront présents à table. Pour les plus petits, leur demander ce qu’ils veulent et quelle quantité. C’est une excellente occasion de pratiquer l’autonomie.

Alors, faire des repas des moments de joie, d’apprentissage, de découverte d’aliments sains et de partage en famille, c’est possible. Nos bons souvenirs seront aussi ceux de nos enfants, posons leur la question, « que préfères-tu le plus lors des repas en famille ? »ou sous forme de boîte à idées pour les plus grands (écrire ses envies à collecter dans une boîte, recettes, menus, ambiance, discussions…)

« Si j’avais une baguette magique, je ferais…pour mettre de la bonne humeur et l’envie de manger de tout »

Jouer au restaurant, préparer un repas cantine, des plats en self et service avec un plateau, faire des tartines en folie, un repas à l’envers, un dîner spectacle, un brunch, une belle table, un thème de couleur, un repas de fête, des soirées crêpes et blagues, un repas jeu, un menu kim (goûter les yeux fermés ou bandés), un repas dans le noir, en musique…autant d’occasions pour créer de la convivialité et de l’équilibre en famille autour des repas.

menu cantine

tartines en folie
goûter home made préparation par les enfants
thème halloween

Parent Épanoui, « Équilibre tes verres de vie »

« Fais ce que tu aimes et fais-le souvent »

Imaginons notre vie comme un réservoir à remplir d’activités et pensées ressourçantes, des verres de vie à équilibrer.

Par exemple : Le verre de la femme « mère » (son temps de qualité avec ses enfants, en famille), « épouse » (le temps de partage en couple), « femme désir » (les activités et détentes rien que pour soi), « femme active » (les plus au travail, les gratifications ou l’investissement valorisant dans nos convictions).

Comment voyez-vous vos verres de vie ? Et comment les équilibrer et remplir ceux où vous ressentez le plus de besoins ?

Équilibrer son temps, c’est aussi se donner rendez-vous avec soi même, lâcher prise avec les tâches quotidiennes et faire des temps de pause pour se ressourcer, certains auront besoin de sortir de chez eux pour s’aérer l’esprit et profiter d’un environnement qui ne nous rappelle pas la pile de linge ou le rangement qui nous attend, besoin d’une évasion nature pour se ressourcer, respirer, profiter des couleurs de la saison du moment. D’autres profiteront d’activités de détente chez soi, des rituels bien être comme prendre sa douche en musique, se faire un soin, lire, boire son café avec un carreau de chocolat, faire du sport, cuisiner en écoutant la radio… tous les petits plaisirs du quotidien qui nous font nous évader spirituellement ou simplement s’apaiser.

Équilibrer son temps c’est aussi « PARTAGER » , oui partager des moments agréables comme rire en famille, faire des jeux, écouter, jouer de la musique, danser, lire et se raconter des histoires, se rappeler des souvenirs en photos, cuisiner ensemble, vivre des moments de folies comme des batailles de coussins, des karaté chaussettes, des guilis, des concours déguisés, des douceurs, des câlins, des mots doux, de jolies dessins glissés sous l’oreiller, dans le cartable, dans l’assiette…

ET AUSSI et surtout PARTAGER c’est déléguer, être attentif aux besoins de chacun, répartir les taches, responsabiliser les enfants (mettre le couvert, débarrasser, ranger sa chambre, trier son linge, faire son cartable, aider à nettoyer…). Avec un peu d’imagination, ces moments peuvent devenir de réelles motivations, exemple : la photo avant/après rangement, jeu du restaurant (pour organiser un repas presque parfait, on repartit les rôles, cf article « roue des défis »https://wordpress.com/post/educatelier.com/598), jeu du chaud froid pour apprendre à ranger, concours de paires de chaussettes à retrouver, customiser une boite à chaussure pour en faire un rangement, faire mimer une peluche qui prépare le cartable ou le goûter… dépersonnaliser est un bon moyen d’obtenir de la coopération quand l’effort semble insurmontable.

Équilibrer et Harmoniser riment avec Organiser, Planifier et alors même les moments de détente et temps de pause ont leur place dans l’agenda :

Faites un petit jeu pour s’obliger à faire de activités ressourcantes « le réservoir du bien être »; dessiner un contenant assez grand comme un vase ou un bocal sur une feuille et demander à chaque membre de la famille ce dont il a besoin pour se sentir bien « ce qui me rend heureux c’est quand … », chacun sa couleur pour remplir ce réservoir bonheur (pour les plus petits, on peut y ajouter des dessins, images). On le laisse visible et on s’impose de vivre des moments bonheurs, des temps de pause dans la semaine et en week-end pour répondre aux besoins de tous.

ATELIERS

Cycle proche de Lille (Estaminet de la Ferme aux Oies Marcq-en-Barœul)
dans un cadre accueillant avec respect des règles sanitaires
Rencontres Thématiques (sommeil, jeux, conflits, rituels, gestion des émotions…)
ou en Visio les mardis soirs de 20h15 à 22h45

Exploration ludique et pédagogique

Laissons-les inventer leurs propres règles …

Comme beaucoup d’enfants, un des jeux favori est celui de la maîtresse, alors je laisse à disposition dans une armoire rien qu’à eux … des feuilles, des feutres, des crayons, des stylos colorés, des lettres et autres formes adhésives, des sous mains, de la peinture, de la pâte à modeler, des pions, des images, du matériel de récupération (rouleaux, bouteilles, bouchons), bref une armoire à bazar pour moi et une caverne d’Ali Baba pour eux.

Un sous-main est pris en plateau de jeu, un dé et des pions, le tour de jeu commence …
En jouant à la maîtresse, mes enfants ont choisi de lire les lettres simplement, puis d’ajouter un paquet d’images et de trouver des images oú on entend le son chanté par la lettre (ex : je suis sur la case P, je choisis l’image de  »pompier » ou  »soupe » car j’entends le son /p/).
Des lettres manipulées de façon aléatoires pour décorer, s’amuser à lire ou reconnaître des lettres, inventer des mots, ils ont décoré une boite en carton pour en faire une boite à ranger les pots à crayons.
Et ici, c’est moi qui ajoute mon petit jeu version début CP pour réviser la lecture du soir, les lettres rouges sont les consonnes apprises (que nous complétons à chaque fois qu’un nouveau son est appris) et les lettres jaunes sont les voyelles. Nous nous amusons à créer des mots bizarres ou de vrais mots en appuyant sur les lettres comme les notes d’un piano. Et vive les roues de sons pour apprendre la syllabique, combiner des sons pour lire des syllabes et retrouver des images à placer dans les maisons des sons (jeu roue des voyelles à télécharger plus bas)
Lignes, lettres et pompons, on explore les directions, le volume, les lettres voyagent.

DES ATELIERS Faber et Mazlish, c’est quoi exactement ?

Les ateliers s’adressent à tous les adultes qui souhaitent améliorer leur relation avec des enfants en faisant l’expérience d’une manière de communiquer différente de notre manière habituelle et en observant les conséquences.

«Si vous vous êtes déjà dit un jour : Il doit y avoir une meilleure façon »… il y a quelques années, je me demandais bien comment gérer des moments de stress, de crises dans certaines situations avec mes enfants, mes élèves …

Et puis j’ai assisté à des conférences, acheté des livres, participé aux premiers ateliers qui ont été révélateurs dans ma relation aux enfants.

Enfin je prends conscience de l’importance de nourrir cette relation, d’accepter d’être imparfaite, savoir rebondir et utiliser une nouvelle méthode de communication plus humaniste et bienveillante.Certaines personnes préfèrent être seuls pour se mettre à l’apprentissage de nouvelles habilités, d’autres préfèrent apprendre en groupe afin de bénéficier de la richesse des interactions.

Je vous propose un atelier de groupe en présenciel ou en visio d’octobre à décembre pour un cycle thématique « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ».

Un atelier consiste en un groupe de 4 à 10 participants. Il s’agit d’un cycle de 6 ou 7 séances reparties dans le temps.

Chaque séance dure 2h30 et aborde un thème précis (voir le détail de chaque atelier plus loin). Elle consiste en des exercices de prise de conscience, des exemples concrets, des  jeux de rôles, des exercices pratiques, des échanges dans le respect du rythme et de l’autonomie de chacun.

Le nombre restreint de participants et une Charte qui nous engage à la confidentialité et au non-jugement des partages, invitent aux échanges en toute confiance

Participer à  un groupe apporte des avantages sur la « simple » lecture du livre. Cela permet en effet :

  • de bénéficier de la richesse des interactions entre les participants
  • de soutenir l’apprentissage
  • d’encourager la pratique et l’entraînement
  • d’échanger sur nos essais, nos succès, nos difficultés, nos doutes

« Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.»

Cet atelier a fait le tour de la planète et des milliers de personnes dans le monde l’ont déjà expérimenté dans toutes les langues.

Il consiste en 7 séances

Thèmes abordés :

  • Aider les enfants aux prises avec des sentiments pénibles
  • Susciter la coopération
  • Remplacer la punition
  • Encourager l’autonomie
  • Compliments et estime de soi
  • Aider les enfants à cesser de jouer des rôles
  • Récapitulatif

AIDER LES ENFANTS A CESSER DE JOUER DES RÔLES

Aider les enfants à cesser de jouer des rôles

Sixième atelier « Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent » de Faber et Mazlish

« Cela commence de façon innocente, souvent inconsciente… Nos paroles peuvent enfermer les enfants dans des rôles : « elle, c’est la gentillesse incarnée » ou « lui, c’est un égoïste, il n’est jamais content ». Les enfants finissent par coller à cette étiquette et être prisonniers des « rôles » qu’on leur attribue, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ils se voient avant tout à travers les yeux de leurs parents et des adultes référents. »

Manon est une princesse, elle veut toujours que tout le monde fasse tout pour elle et elle ne rend jamais de service à personne. Marcus est une petite terreur, il casse tout, fait des colères pour un rien. Lucie est une casse-cou, elle grimpe partout et tombe tout le temps. Léo est un râleur, Anne est la musicienne de la famille, Tom est le clown de sa classe…

Face à certains comportements de nos enfants, nous posons sur eux des étiquettes qui deviennent vite indécollables. Comment ces étiquettes arrivent ? Quelle incidence sur le comportement des enfants ? Comment aider les enfants à s’en défaire ?

Ils ont au contraire besoin qu’on les aide à affirmer ce qu’ils ont de meilleur et à réorienter ce qu’ils ont de moins bon pour les aider à s’épanouir.

Compliments et Estime de soi

Faber et Mazlish donnent des conseils pour encourager afin d’augmenter l’estime de soi des enfants (plutôt que complimenter). Elles distinguent le  »compliment évaluatif » qui pourrait susciter des sentiments désagréables (stress, dévalorisation) au  »compliment descriptif » qui encourage l’enfant à s’auto apprécier.

 »La réévaluation du compliment »

adele faber 2017

 »Dans tous nos livres, nous abordons les inconvénients du compliment typique que les parents et les enseignants utilisent pour aider les enfants à se sentir bien. (« Tu es tellement bon… génial… formidable… merveilleux… intelligent. ») Nous comparons ce type de compliment « évaluatif » avec le pouvoir du compliment descriptif. (« Tu as réussi »…  « Tu as trouvé »… « Tu as persisté jusqu’à ce que tu résolves le problème ! »)

Dans un numéro récent du American Educator, Carol S. Dweck, professeur en psychologie de Colombia University, rapporte les résultats de sa recherche dans un article nommé « Caution- Praise Can Be Dangerous . » Ses résultats vont dans le même sens que notre travail et ajoutent des éclairages additionnels. Nous trouvions important de partager ceux-ci avec nos lecteurs.

Mme Dweck a mené une étude avec 400 élèves de cinquième année de différents milieux et différentes parties du pays. On a donné un casse-tête* (*Puzzle en France) assez simple à chaque élève afin que tous puissent faire l’expérience d’une réussite. On a félicité une partie du groupe pour avoir été intelligent. On leur a dit : « C’est vraiment une bonne note ! Tu dois être intelligent. » On a aussi dit aux enfants du deuxième groupe qu’ils avaient eu une bonne note, mais on a félicité ceux-ci pour leur effort : « Tu as dû travailler très fort. » Par la suite, on a donné le choix à ces mêmes élèves de faire soit une autre tâche simple ou une tâche plus difficile qui leur permettrait d’apprendre quelque chose. Ceux qui avaient été félicités pour avoir été « intelligents » ont choisi la tâche facile. Ils ne voulaient pas risquer de perdre leur réputation. Ceux qui avaient été félicités pour leur effort ont choisi la tâche difficile qui était liée à l’apprentissage.

Dans la deuxième partie de cette étude, on a intentionnellement donné à ces mêmes étudiants une série d’exercices plus difficile et ils n’ont pas aussi bien réussi. Le résultat ? Les élèves qui avaient initialement été félicités pour avoir été « intelligents » ne voulaient plus participer à l’exercice et ils se sentaient « stupides d’avoir rencontré une difficulté ». Au contraire, ceux qui avaient été félicités pour leur effort ont été heureux de travailler sur un exercice plus difficile et ils étaient enthousiastes à l’idée d’apporter les exercices à la maison pour pratiquer.

La dernière évaluation a donné le résultat le plus surprenant. Encore une fois, on a demandé à tous les élèves de faire une série d’exercices faciles. Ceux qui avaient initialement été félicités pour leur intelligence dans la première évaluation, mais qui avaient mal réussi dans la seconde, faisaient maintenant pire qu’avant. Mais les élèves à qui on avait dit qu’ils avaient travaillé fort réussissaient encore mieux qu’avant.

Quand on a questionné les élèves par la suite, il semblerait que les différentes façons de donner un compliment avaient eu un effet profond sur eux et les orientaient vers des croyances différentes à leur propre sujet. Les élèves à qui ont avaient dit qu’ils étaient intelligents, prenaient l’intelligence comme un don qu’on possède ou que l’on ne possède pas. N’importe quelle difficulté était troublante. Celle-ci avait le pouvoir de confirmer qu’ils n’étaient pas si intelligents qu’ils le croyaient. Pire encore, il pensait que l’effort était un signe de faiblesse.  S’ils étaient vraiment intelligents, il devait être capable « de réussir » sans effort supplémentaire.

En revanche, les enfants dont les efforts étaient appréciés ont eu une réaction très différente. Pour eux, une difficulté indiquait simplement le fait qu’il fallait plus d’étude, plus d’efforts. Ils voyaient l’intelligence comme quelque chose quoi ils avaient du pouvoir et qui serait susceptible de s’améliorer en travaillant fort.

Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire pour nous, parents et enseignants ? Ça veut dire que nous devrions penser à deux fois avant de dire à un jeune : « Tu es un bon athlète… un artiste formidable… un génie de l’orthographe. » Au lieu, dites-lui : « Ce n’est pas facile de frapper une balle à pleine vitesse avec une batte juste au bon moment. » … « Tu as dessiné un autre dessin d’une ferme, mais cette fois-ci tu as rajouté une écurie et des chevaux. » « Tu as ta propre méthode pour apprendre de nouveaux mots. Tu les écris, les récites à haute voix et les écris à nouveau jusqu’à ce qu’ils soient bien mémorisés. »

Le message que nous voulons donner à nos enfants, c’est que le processus est aussi important que le produit final. Nous voulons qu’ils attachent de l’importance à leur capacité à tenir le coup, à pratiquer, à persister. Nous voulons qu’ils voient leurs erreurs, non pas comme une preuve de leur incapacité, mais comme une opportunité d’apprendre quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. »

(Faber, Adele. « Re-Appraising Praise », Faber/Mazlish Forum : Issue No. 4)

Encourager l’autonomie chez l’enfant

6 compétences aidantes dans la prise d’autonomie

1- Le parent peut offrir des choix à l’enfant. Ils peuvent être tout simple s’il s’agit d’un enfant jeune : « veux-tu mettre le pantalon rouge ou le vert ? ».

2- De plus, en montrant à l’enfant que vous respectez ses efforts, l’adulte l’aide à trouver le courage de mener à bien une tâche difficile. Ainsi, au lieu de faire à la place de l’enfant comme prendre le pot des mains de l’enfant qui ne parvient pas a l’ouvrir seul, l’adulte peut simplement lui dire « ça peut être difficile d’ouvrir un bocal. Parfois, c’est plus facile si on tape doucement sur le couvercle ». Verbaliser la difficulté a l’avantage que si l’enfant y arrive finalement, il sera fier d’avoir accompli une tâche difficile. En revanche, s’il échoue, il aura au moins la satisfaction de se dire que de toutes les façons, c’était difficile !

3-Ensuite, Faber et Mazlish conseillent de ne pas submerger l’enfant de questions ‘‘Ne posez pas trop de questions ». En effet, en accueillant son enfant à la fin de la journée par un simple « bonjour », c’est souvent plus encourageant pour les enfants de parler spontanément, plutôt que de répondre à une avalanche de questions envahissantes. Le livre de Faber et Mazlish porte bien son nom et prend tout son sens ici « écouter pour que les enfants parlent » (sans leur poser mille questions !).

4-En outre, afin de favoriser leur autonomie, l’adulte peut ne pas s’empresser de répondre à leurs questions et de les renvoyer à leur propre jugement. Il arrive que les enfants posent des questions surtout pour favoriser l’échange avec le parent et ordonner leur propre réflexion et analyse critique.

5-De plus, le parent peut encourager l’enfant à utiliser des ressources extérieures. C’est-à-dire qu’il peut renvoyer l’enfant vers de meilleurs interlocuteurs (bibliothécaire, prof, enfant plus âgé, ami passionné par le sujet, internet…).

6-Enfin, Faber et Mazlish encouragent à ne pas supprimer l’espoir de l’enfant. Rappelez-vous que vous aussi vous avez eu des rêves étant enfant et que vous avez peut-être mal supporté que l’adulte vous renvoie d’emblée à la dure réalité de la vie ! Sans être dans l’excès inverse, laissez vos enfants rêver à une carrière, un projet, un idéal…donnez lui les moyens d’y croire avec clairvoyance et sans jugement.

Comment remplacer la punition

Remplacer la Punition

Comment un enfant réagit-il à la punition ? Est-il nécessaire de recourir à la punition comme méthode disciplinaire ? Quelles alternatives pour résoudre des problèmes auprès de l’enfant individuel ou le groupe ?

Ensemble nous découvrirons différentes façons de remplacer la punition qui permettent aux parents et professionnels de l’enfance d’exprimer leur désaccord avec force, tout en respectant l’enfant et en l’encourageant à se rendre responsable de ses propres comportements.