AIDER LES ENFANTS A CESSER DE JOUER DES RÔLES

Aider les enfants à cesser de jouer des rôles

Sixième atelier « Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent » de Faber et Mazlish

« Cela commence de façon innocente, souvent inconsciente… Nos paroles peuvent enfermer les enfants dans des rôles : « elle, c’est la gentillesse incarnée » ou « lui, c’est un égoïste, il n’est jamais content ». Les enfants finissent par coller à cette étiquette et être prisonniers des « rôles » qu’on leur attribue, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ils se voient avant tout à travers les yeux de leurs parents et des adultes référents. »

Manon est une princesse, elle veut toujours que tout le monde fasse tout pour elle et elle ne rend jamais de service à personne. Marcus est une petite terreur, il casse tout, fait des colères pour un rien. Lucie est une casse-cou, elle grimpe partout et tombe tout le temps. Léo est un râleur, Anne est la musicienne de la famille, Tom est le clown de sa classe…

Face à certains comportements de nos enfants, nous posons sur eux des étiquettes qui deviennent vite indécollables. Comment ces étiquettes arrivent ? Quelle incidence sur le comportement des enfants ? Comment aider les enfants à s’en défaire ?

Ils ont au contraire besoin qu’on les aide à affirmer ce qu’ils ont de meilleur et à réorienter ce qu’ils ont de moins bon pour les aider à s’épanouir.

Compliments et Estime de soi

Faber et Mazlish donnent des conseils pour encourager afin d’augmenter l’estime de soi des enfants (plutôt que complimenter). Elles distinguent le  »compliment évaluatif » qui pourrait susciter des sentiments désagréables (stress, dévalorisation) au  »compliment descriptif » qui encourage l’enfant à s’auto apprécier.

 »La réévaluation du compliment »

adele faber 2017

 »Dans tous nos livres, nous abordons les inconvénients du compliment typique que les parents et les enseignants utilisent pour aider les enfants à se sentir bien. (« Tu es tellement bon… génial… formidable… merveilleux… intelligent. ») Nous comparons ce type de compliment « évaluatif » avec le pouvoir du compliment descriptif. (« Tu as réussi »…  « Tu as trouvé »… « Tu as persisté jusqu’à ce que tu résolves le problème ! »)

Dans un numéro récent du American Educator, Carol S. Dweck, professeur en psychologie de Colombia University, rapporte les résultats de sa recherche dans un article nommé « Caution- Praise Can Be Dangerous . » Ses résultats vont dans le même sens que notre travail et ajoutent des éclairages additionnels. Nous trouvions important de partager ceux-ci avec nos lecteurs.

Mme Dweck a mené une étude avec 400 élèves de cinquième année de différents milieux et différentes parties du pays. On a donné un casse-tête* (*Puzzle en France) assez simple à chaque élève afin que tous puissent faire l’expérience d’une réussite. On a félicité une partie du groupe pour avoir été intelligent. On leur a dit : « C’est vraiment une bonne note ! Tu dois être intelligent. » On a aussi dit aux enfants du deuxième groupe qu’ils avaient eu une bonne note, mais on a félicité ceux-ci pour leur effort : « Tu as dû travailler très fort. » Par la suite, on a donné le choix à ces mêmes élèves de faire soit une autre tâche simple ou une tâche plus difficile qui leur permettrait d’apprendre quelque chose. Ceux qui avaient été félicités pour avoir été « intelligents » ont choisi la tâche facile. Ils ne voulaient pas risquer de perdre leur réputation. Ceux qui avaient été félicités pour leur effort ont choisi la tâche difficile qui était liée à l’apprentissage.

Dans la deuxième partie de cette étude, on a intentionnellement donné à ces mêmes étudiants une série d’exercices plus difficile et ils n’ont pas aussi bien réussi. Le résultat ? Les élèves qui avaient initialement été félicités pour avoir été « intelligents » ne voulaient plus participer à l’exercice et ils se sentaient « stupides d’avoir rencontré une difficulté ». Au contraire, ceux qui avaient été félicités pour leur effort ont été heureux de travailler sur un exercice plus difficile et ils étaient enthousiastes à l’idée d’apporter les exercices à la maison pour pratiquer.

La dernière évaluation a donné le résultat le plus surprenant. Encore une fois, on a demandé à tous les élèves de faire une série d’exercices faciles. Ceux qui avaient initialement été félicités pour leur intelligence dans la première évaluation, mais qui avaient mal réussi dans la seconde, faisaient maintenant pire qu’avant. Mais les élèves à qui on avait dit qu’ils avaient travaillé fort réussissaient encore mieux qu’avant.

Quand on a questionné les élèves par la suite, il semblerait que les différentes façons de donner un compliment avaient eu un effet profond sur eux et les orientaient vers des croyances différentes à leur propre sujet. Les élèves à qui ont avaient dit qu’ils étaient intelligents, prenaient l’intelligence comme un don qu’on possède ou que l’on ne possède pas. N’importe quelle difficulté était troublante. Celle-ci avait le pouvoir de confirmer qu’ils n’étaient pas si intelligents qu’ils le croyaient. Pire encore, il pensait que l’effort était un signe de faiblesse.  S’ils étaient vraiment intelligents, il devait être capable « de réussir » sans effort supplémentaire.

En revanche, les enfants dont les efforts étaient appréciés ont eu une réaction très différente. Pour eux, une difficulté indiquait simplement le fait qu’il fallait plus d’étude, plus d’efforts. Ils voyaient l’intelligence comme quelque chose quoi ils avaient du pouvoir et qui serait susceptible de s’améliorer en travaillant fort.

Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire pour nous, parents et enseignants ? Ça veut dire que nous devrions penser à deux fois avant de dire à un jeune : « Tu es un bon athlète… un artiste formidable… un génie de l’orthographe. » Au lieu, dites-lui : « Ce n’est pas facile de frapper une balle à pleine vitesse avec une batte juste au bon moment. » … « Tu as dessiné un autre dessin d’une ferme, mais cette fois-ci tu as rajouté une écurie et des chevaux. » « Tu as ta propre méthode pour apprendre de nouveaux mots. Tu les écris, les récites à haute voix et les écris à nouveau jusqu’à ce qu’ils soient bien mémorisés. »

Le message que nous voulons donner à nos enfants, c’est que le processus est aussi important que le produit final. Nous voulons qu’ils attachent de l’importance à leur capacité à tenir le coup, à pratiquer, à persister. Nous voulons qu’ils voient leurs erreurs, non pas comme une preuve de leur incapacité, mais comme une opportunité d’apprendre quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. »

(Faber, Adele. « Re-Appraising Praise », Faber/Mazlish Forum : Issue No. 4)

Encourager l’autonomie chez l’enfant

6 compétences aidantes dans la prise d’autonomie

1- Le parent peut offrir des choix à l’enfant. Ils peuvent être tout simple s’il s’agit d’un enfant jeune : « veux-tu mettre le pantalon rouge ou le vert ? ».

2- De plus, en montrant à l’enfant que vous respectez ses efforts, l’adulte l’aide à trouver le courage de mener à bien une tâche difficile. Ainsi, au lieu de faire à la place de l’enfant comme prendre le pot des mains de l’enfant qui ne parvient pas a l’ouvrir seul, l’adulte peut simplement lui dire « ça peut être difficile d’ouvrir un bocal. Parfois, c’est plus facile si on tape doucement sur le couvercle ». Verbaliser la difficulté a l’avantage que si l’enfant y arrive finalement, il sera fier d’avoir accompli une tâche difficile. En revanche, s’il échoue, il aura au moins la satisfaction de se dire que de toutes les façons, c’était difficile !

3-Ensuite, Faber et Mazlish conseillent de ne pas submerger l’enfant de questions ‘‘Ne posez pas trop de questions ». En effet, en accueillant son enfant à la fin de la journée par un simple « bonjour », c’est souvent plus encourageant pour les enfants de parler spontanément, plutôt que de répondre à une avalanche de questions envahissantes. Le livre de Faber et Mazlish porte bien son nom et prend tout son sens ici « écouter pour que les enfants parlent » (sans leur poser mille questions !).

4-En outre, afin de favoriser leur autonomie, l’adulte peut ne pas s’empresser de répondre à leurs questions et de les renvoyer à leur propre jugement. Il arrive que les enfants posent des questions surtout pour favoriser l’échange avec le parent et ordonner leur propre réflexion et analyse critique.

5-De plus, le parent peut encourager l’enfant à utiliser des ressources extérieures. C’est-à-dire qu’il peut renvoyer l’enfant vers de meilleurs interlocuteurs (bibliothécaire, prof, enfant plus âgé, ami passionné par le sujet, internet…).

6-Enfin, Faber et Mazlish encouragent à ne pas supprimer l’espoir de l’enfant. Rappelez-vous que vous aussi vous avez eu des rêves étant enfant et que vous avez peut-être mal supporté que l’adulte vous renvoie d’emblée à la dure réalité de la vie ! Sans être dans l’excès inverse, laissez vos enfants rêver à une carrière, un projet, un idéal…donnez lui les moyens d’y croire avec clairvoyance et sans jugement.

Comment remplacer la punition

Remplacer la Punition

Comment un enfant réagit-il à la punition ? Est-il nécessaire de recourir à la punition comme méthode disciplinaire ? Quelles alternatives pour résoudre des problèmes auprès de l’enfant individuel ou le groupe ?

Ensemble nous découvrirons différentes façons de remplacer la punition qui permettent aux parents et professionnels de l’enfance d’exprimer leur désaccord avec force, tout en respectant l’enfant et en l’encourageant à se rendre responsable de ses propres comportements.

Susciter la coopération

SUSCITER LA COOPÉRATION

1. Décrire ce que vous voyez ou encore décrire le problème.

“Le fait de décrire le problème donne aux enfants la chance de se dire à eux même ce qu’il faut faire.” Ils peuvent plus facilement comprendre le problème à résoudre quand il est simplement décrit que quand quelqu’un leur explique en quoi ils sont fautifs.

La description permet de s’adresser à l’enfant sans affecter sa personnalité par le jugement ou l’accusation.

L’élimination du “Tu” participe à ce que les enfants ne se sentent pas coupables mais se concentrent plutôt sur ce qui doit être fait (“Tu as encore renversé le lait. Vas chercher une éponge” ne produit pas le même effet que “La bouteille de lait est renversée. Il faut une éponge.”).

Les phrases qui commencent par “Je vois…” comme par exemple “Je vois la lumière allumée dans les toilettes” ou “Je vois une paire de chaussures dans le couloir” suscitent la coopération en developpant la prise d’initiative des enfants.

2. Donner de l’information

“Quand les enfants reçoivent de l’information, ils peuvent découvrir par eux même ce qui doit être fait.”

Il est plus facile de recevoir un renseignement qu’une accusation. L’information ne doit pas être accompagnée de remarques comme “Le linge va dans le panier de linge sale. Tu n’apprendras donc jamais ?” ou “C’est facile pourtant ?” ou “Combien de fois il faudra te le répéter ?” ou encore “J’en ai marre.”). Faber et Mazlish ajoutent que les renseignements donnés aideront les enfants à comprendre au quotidien les situations et certaines conséquences (que le lait tourne si on ne le met pas au frigo, que les biscuits perdent leur croustillant si on ne les remet pas dans la boîte…)

3. Dire les choses en un seul mot

“Les enfants détestent les discours, les leçons de morale, les sermons et les longues explications.” Plus le rappel est court, mieux c’est. Faber et Mazlish écrivent que les adolescents avec lesquelles elles ont travaillé leur ont confirmé qu’ils préfèrent un seul mot : “La porte ! Le chien ! La vaisselle !”. Ils trouvent que cela leur épargne le sermon habituel.

En revanche, elles déconseillent d’utiliser le prénom de l’enfant pour résumer une seule phrase.

4. Parler de vos sentiments

“On peut coopérer avec quelqu’un qui exprime de la colère ou de l’irritation, pourvu qu’on ne se sente pas attaqué”

Parler de ses sentiments en tant que parents a plusieurs avantages selon Faber et Mazlish :

  • ne pas faire de commentaire ou de jugement sur la personne des enfants,
  • les enfants comprennent que les parents ont leurs sentiments propres : les enfants sont prêts à coopérer même avec un parent qui exprime un sentiment difficile.
  • être sincère et honnête en tant que parent encourage les enfants à se comporter comme tel.

Si votre enfant vous répond qu’il se fiche de la manière dont vous vous sentez, vous pouvez lui dire quelque chose de la sorte : “Pas moi. Je ne me fiche pas de la façon dont je me sens. Pas plus que je me fiche de la façon doit toi tu te sens. Et je m’attends à ce que , dans cette famille, on respecte les sentiments des autres !”

5. Écrire une note

“Et parfois aucune parole n’est aussi efficace qu’un message écrit. ”

Le recours aux écrits permet d’éviter les cris et de passer un message aux enfants de manière inhabituelle : une note scotchée sur le miroir de la salle de bain ou sur la porte de chambre des parents, un Post-it sur l’écran de la télé, un avion en papier. Même pour les enfants ne sachant pas lire, cette compétence peut être efficace car ils accourront vers le parent pour déchiffrer le message.

Faber et Mazlish relatent les sentiments d’enfants à qui les parents avaient laissé une note : ils se sont déclarés touchés du fait que leurs parents se soucient assez d’eux pour prendre la peine d’écrire. Ils apprécient aussi que “le volume de leur voix ne monte pas.”

Une mère a même détournée le message écrit en portant une pancarte autour de son cou précisant qu’elle était sur le point d’exploser si elle était contrariée ou agacée et qu’elle avait besoin d’aide pour ranger la maison.

Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments

« J’étais la meilleure maman du monde avant de devenir maman », H. Ginott.

Cette phrase résume à elle seule les difficultés que peuvent rencontrer les parents au quotidien.

Adèle Faber & Hélène Mazlish, il y a vingt ans, ont été confrontées aux mêmes obstacles, et ont décidé d’écrire une méthode pour transmettre au plus grand nombre des habiletés, des astuces pratiques pour améliorer le climat familial et faire ce que l’on voudrait faire le mieux possible : aimer nos enfants et les équiper pour la vie.

Cette méthode est constituée de 6 habiletés, présentées comme suit :

– Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments pénibles (frustration, déception, colère, tristesse…).

Susciter la coopération chez l’enfant sans d’interminables disputes quotidiennes.

– Remplacer la punition tout en exprimant son désaccord et, en encourageant l’enfant à se rendre responsable de son comportement.

Encourager l’autonomie.

– Utiliser les compliments descriptifs pour aider les enfants à développer une image positive d’eux-mêmes.

– Aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir : le maladroit, le timide, le paresseux, la princesse, l’excité…

Au cours de ces ateliers, vous échangerez sur vos expériences de parents, vous participerez à des mises en situation, vous apprendrez ces habiletés avec naturel et facilité, afin de les appliquer dès votre retour à la maison. Il est important de préciser que, lors de ces rencontres, des règles de base sont posées pour que chacun se sente à sa place. Les jugements sont laissés à la porte, et la place est faite à l’écoute.

 »Parler pour que les enfants écoutent »

Cet atelier de 7 rencontres propose des outils aux parents pour améliorer la communication entre eux et leurs enfants/ados.

Chaque rencontre, d’une durée approximative de 2h-2h30 (idéalement hebdomadaire), se déroule dans une atmosphère ludique à l’aide de mises en situation, bandes dessinées et jeux de rôle.

Cet ensemble d’outils pratiques met de l’avant le respect de soi-même et celui de l’enfant/ado.

La roue des activités

Jouer avec ses enfants, se prendre le temps pour des moments ensemble, ce n’est pas toujours simple dans notre quotidien de parents. Provoquer des occasions de partages, c’est ce que je souhaite vous faire découvrir à travers des idées d’activités, de jeux pour s’amuser ou apprendre.

Une roue d’occupations facile à utiliser avec en détail un descriptif pour occuper nos enfants et nous permettre des opportunités de créer du lien.

Je partagerai notamment quelques livres ou jeux que je recommande qui ont enrichi notre temps en famille et développer la créativité des enfants. En commandant directement sur le lien de mon site, je choisi d’obtenir une commission en bon cadeau qui servira à alimenter notre bibliographie et mes créations ludiques .

Le casque de chevalier en carton (en autonomie 8ans)

Château en carton avec collage de serviettes en tissu et papier de soie (avec l’adulte 5 ans)
Château Carton couleurs vives aléatoires (en autonomie 10 ans)

Ma motivation est le partage pour valoriser le savoir faire et le bien être des enfants, leurs parents et autres acteurs éducatifs.

ROUE DES DÉFIS

La connexion en famille, c’est du temps partagé ensemble et des activités à faire et revivre, jouer à cache-cache avec des petits est un jeu inlassable, il en est de même pour tous les moments qui nous font plaisir, à consommer sans modération.

A télécharger : « la roue des défis » et plusieurs jeux pour se connaître, s’occuper et s’amuser ensemble.

DÉFI 10 : Un temps de pause

Proposer à chacun d’exprimer ce dont il a besoin pour se ressourcer chaque jour; lister des activités apaisantes pour se sentir bien et remplir un pot à idées; chacun choisit sa couleur pour écrire ses occupations ressourçantes.

Choisir une étiquette par jour pour faire son temps de pause et se ressourcer. Un bon moyen d’apaiser les tensions et se prendre du temps de qualité pour soi.