1- Éduquer, instruire, inspirer, guider ?
Imaginez vos enfants devenus des adultes lorsqu’ils auront quitté le nid familial pour vivre libres et heureux. Repensez à toutes ces années où vous les avez accompagnés pour les rendre autonomes, pour les aider à faire des choix raisonnés, quand vous les avez écouté vous confier leurs incertitudes. Repensez aux discussions qui ont fait cheminer leurs réflexions sur le monde, comment vous avez nourri leur confiance et leur estime d’eux-même pour avancer et surmonter les aléas de la vie.
Vous les regardez accomplir leur vie avec fierté et un sentiment profond d’amour et de gratitude vous envahit. Ils sont à présent des adultes responsables avec les qualités humaines qu’ils ont explorées tout au long de leur éducation à travers les valeurs que vous leur avez transmises.
Aujourd’hui, questionnez-vous : quelles compétences de vie souhaitez -vous insuffler à vos enfants afin de les voir un jour les incarner adultes ?
« Éducation », d’ailleurs d’où vient ce mot qui de nos jours revêt un sens conventionnel et binaire, -« il faut « éduquer » ses enfants, il est « bien » ou « mal » éduqué ?
« Education » dérive de deux racines latines
- « educare », qui signifie : élever, nourrir, prendre soin.
- « educere »qui veut dire « conduire, faire émerger, guider ».
Dans la dernière version en vigueur de l’extrait du code civile de 2024, nous pouvons lire : « éduquer : former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité. » Retenons un mot qui inspire la vie et incarnons-le dans nos pensées et nos actes.
2- Créer un lien d'amour ; l'ATTACHEMENT, plus qu'une théorie
La relation d’attachement établie entre un enfant et son « donneur de soin », une figure d’attachement souvent attribuée à l’un des parent, doit répondre à des besoins de sécurité affective.
Par exemple : les pleurs et l’accrochement sont des réflexes de survie et répondent à un besoin de sécurité et de réconfort affectif.
L’attachement dit « sécurisant« permet à l’enfant une exploration du monde et un apprentissage de la vie avec sécurité et liberté à la fois.
John Bowlby, 1907-1990, est un psychiatre et psychanalyste britannique pionnier pour ses travaux sur l’attachement. Il étudie l’évolution du comportement des enfants orphelins après la seconde guerre mondiale. Il en déduit que les besoins fondamentaux du nouveau né sont vitaux, l’attachement est un besoin social primaire et inné.
Mary Ainsworth, sa collaboratrice, connue pour ses travaux et analyses à partir de la fameuse « situation étrange » dressera différents types d’attachement que l’enfant développe dans sa relation à l’adulte « caregiver », donneur de soins :
- Attachement sécurisant
- Attachement insécurisant « évitant »
- Attachement insécurisant « ambivalent »
- Attachement insécurisant désorganisé
Ainsi, la relation établie entre des parents et leurs enfants influent le développement de ce dernier, le développement cognitif, moteur, social.
Par ailleurs, il est désormais prouvé, imagerie médicale à l’appui, que les privations affectives provoquent des altérations cérébrales.
Les études scientifiques (IRM) ont permis d’établir les effets sur le cerveau des interactions de l’être humain en développement.
Aujourd’hui Boris Cyrulnik parle donc de « biologie » de l’attachement qui prolonge la théorie de l’attachement, conceptualisée dans les années 1950.
Tous les spécialistes (psychologues, sociologues, pédopsychiatres, juristes, neuroscientifiques…) s’accordent aujourd’hui sur le fait que c’est dans la petite enfance que s’installent les fondations de la construction de la personnalité. Vous avez sans doute déjà entendu parler des 1000 premiers jours fondamentaux dans le développement de l’enfant comptés à partir de sa vie in-utéro.
3- L'autorité parentale, un équilibre à trouver
L’autorité, c’est accompagner vers la liberté et l’autonomie de celui sur qui elle s’exerce.
Etymologiquement le mot « Autorité » vient du latin « auctor » qui signifie « celui qui augmente, qui fait grandir ».
« L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa vie privée et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. » Extrait du code civil.
La loi n° 2019-721 du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires soutient cette nouvelle vision de l’autorité parentale et atteste qu’elle s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.
Durant les derniers siècles, et particulièrement durant les dernières décennies, le rapport à l’autorité que les parents exercent vis-à-vis de leurs enfants a beaucoup évolué, s’est diversifié et a été largement étudié.
D’un modèle unique (le modèle patriarcal), la notion d’autorité parentale s’est éclatée et est devenue multiforme.
L’enjeu actuel pour les familles souvent sur- informées des diverses formes d’autorités est de trouver un équilibre entre un cadre à faire respecter et une sécurisation affective pour accompagner au mieux leurs enfants. Certains courants éducatifs parlent de modèle « bien veillant » ou « bien traitant », « assertif » ou encore « démocratique »…
L’important est de ne pas basculer dans les extrêmes. D’un « style d’autorité désengagé ou laxiste »où l’enfant a trop de place et peu ou pas de repères par opposition au « style autoritariste ou coercitif » où l’enfant n’a pas de place pour exister et s’épanouir.
Quand un couple devient parent, deux nouvelles fonctions leur sont attribuées :
- celles de « père » et « mère », ou « éducateurs » pour répondre aux besoins primaires de l’enfant pour son développement physique et cognitif.
- celles de « papa » et « maman » pour assurer une relation forte de sécurisation affective. Les parents répondent dans ce rôle aux soins de câlinage et aux besoins d’attention.
4- votre GPS, des repères éducatifs à construire en famille
Construire un cade de vie est important pour donner de la cohérence à un modèle éducatif et développer des compétences à transmettre aux enfants.
Nous pouvons œuvrer à inspirer nos valeurs :
- en leur montrant l’exemple, en incarnant ce qu’on attend d’eux (patience, non violence, écoute…) « ce que je suis+ce que je fais = ce que j’enseigne »
- en leur faisant faire l’expérience de l’autonomie : missions courtes quotidiennes à valoriser et favoriser des rituels : ”au moment du coucher, du lever” de la préparation à l’école, l’accompagner pour qu’il prépare seul ses affaires, l’encourager à “contribuer” “aider quelqu’un”…
- en les aidant à verbaliser, formuler leurs expériences et leur ressentis (enrichir leur lexique) pour faciliter la communication…
Améliorer la communication, l’écoute et renforcer les liens au sein de votre tribue en instaurant des temps de dialogue TEF (Temps d’Échange en Famille ». C’est un temps constructif qui permet à chacun de devenir acteur de la vie familiale et réfléchir ensemble à trouver des solutions.
Déroulement :
- le tour des appréciations positives « j’ai aimé quand » « merci pour … »
- question ou problème à régler à l’ordre du jour
- activité agréable : jeu tous ensemble, apéro dinatoire…
- calendrier des événements importants
Quelques bases sont nécessaires :
- « Accepter de partager des responsabilités » : faire confiance
- » Basculer en mode participatif » : « qui fait quoi ? »
- » Programmer les autres rencontres et sujets »
- » Utiliser des outils collaboratifs » : tableau de partage de tâches, de routines…calendrier familial
Comment organiser son premier conseil de famille ?
Se poser 4 questions pour l’organiser :
- Quel est le meilleur moment pour le faire ?
- Planifier: Notez la date et inscrivez-la dans l’agenda
- Que mettez-vous à l’ordre du jour ?
- Réfléchissez à une fréquence idéale pour organiser les prochaines TEF.